Okinawa, c’est vraiment la pluralité d’un Japon qui ne cesse de nous surprendre, l’endroit idéal pour clôturer en beauté un séjour au pays du Soleil Levant. Cet archipel a quelque chose à part, avec ses villages traditionnels, ses maisons en corail, son histoire héritée du royaume de Ryukyu… Cette histoire, cette singularité, on la goûte aussi dans l’assiette, dans les petits restaurants locaux qui nous font découvrir des saveurs exceptionnelles. Et puis, il y a la mer bien sûr, les récifs coralliens, les plages de sable blanc, des couchers de soleil magnifiques… C’est LA destination parfaite pour du slow tourisme, radicalement différente du rythme des grandes mégalopoles japonaises.

Que faire à Okinawa en 3 jours ?

La plongée, l’un des incontournables de l’archipel

On ne peut que commencer en évoquant la plongée, l’activité n°1 à Okinawa, et une des raisons qui justifient à elle seule le détour. L’archipel est corallien, les fonds sont très riches et, surtout, très accessibles. Même en snorkeling, on voit déjà énormément de choses, parce que les poissons sont là dès les premiers mètres et que les récifs sont tout proches. Ce n’est pas forcément connu en France, mais les Japonais sont des plongeurs très aguerris !

En été, c’est assez bluffant ; l’eau peut dépasser les 30°C, au point d’avoir parfois plus chaud dans l’eau qu’à l’extérieur. Et comme les marées transforment le paysage au fil de la journée, une plage peut être très différente entre le matin et le soir : là où tout était recouvert à marée haute, apparaissent ensuite des coraux, des rochers, et une vie marine qui reste omniprésente…

Top spots de plongée à Okinawa

Les îles Yaeyama, au sud, sont les plus réputées pour la plongée, notamment autour d’Ishigaki, Taketomi et Iriomote. C’est là que l’on vient chercher les raies manta géantes, particulièrement impressionnantes, qui peuvent atteindre 9 à 10 mètres ! Miyakojima est aussi très connue, dans un autre registre : des plongées plus orientées cavernes et reliefs sous-marins. De notre côté, nous n’avons pas vu de requins pour l’instant, mais de grandes tortues et même des serpents marins, alors que nous avions encore pied..!

Quelles sont les choses à faire à Okinawa ? Les expériences à vivre et les paysages à voir

La mer est un monde en soi à Okinawa, mais il existe aussi une kyrielle d’expériences à terre, souvent sur une journée, et très différentes selon les îles. C’est aussi ce qui fait l’intérêt de l’archipel : on passe vite d’un Okinawa « balnéaire » à un Okinawa beaucoup plus sauvage.

Forêts de mangroves & jungles

S’il ne fallait en évoquer qu’une seule, c’est bien sûr Iriomote, radicalement différente du reste de l’archipel ; on entre dans une jungle tropicale dense, avec de la mangrove, des plantes endémiques, des fleurs tropicales, et des chutes d’eau impressionnantes. Ce qui nous a vraiment frappés, c’est le côté presque intouché, avec une sensation très rare au Japon : celle d’un endroit complètement brut et naturel.

Nous y avons fait une visite guidée (plutôt un trek en réalité) avec un guide japonais qui parlait peu anglais ; nous nous sommes débrouillés avec la traduction sur téléphone. Il n’y a pas de sentier balisé, c’est-à-dire que l’on se gare sur le bas-côté de la route et on entre dans la jungle (d’où la nécessité d’un accompagnateur local…). Ça glisse, c’est humide, il peut pleuvoir très fort pendant 15 ou 20 minutes, puis s’arrêter tout d’un coup, puis reprendre. Ce qui surprend aussi, c’est que c’est une pluie chaude. Le guide nous avait donné des chaussures étanches et un casque, parce que les rochers sont très glissants et que les branches sont partout… C’est très préservé.

Une autre expérience inoubliable qui reste parmi nos souvenirs les plus marquants, c’est la sortie vers 5h du matin sur la rivière pour voir la sagaribana. La fleur éclot la nuit, tombe le matin sur l’eau, et ne vit qu’une journée ; c’est spécifique à cette zone toute proche de Taïwan. On était 6 sur un petit bateau, pas du tout dans une ambiance « gros tour », et avec la brume posée sur la mangrove, et même un arc-en-ciel ce matin là… C’était magique.

L’été, il y a aussi des sorties nocturnes pour voir les lucioles, avec des milliers de petits points lumineux dans l’obscurité. Et dans les îles du sud, on voit énormément de constellations, c’est d’une clarté tout simplement exceptionnelle.

Villages traditionnels et patrimoine

À l’inverse, Taketomi offre une expérience beaucoup plus villageoise. L’île fait 4km à peine pour environ 400 habitants. On y circule à vélo, on traverse le village traditionnel où les maisons construites en corail et des shisa (créatures mythiques que vous avez peut-être croisé si vous êtes déjà allés au Japon, mi-lion, mi-chien, servant de gardiens) sur les toits.

Okinawa a longtemps été un royaume distinct, et cette identité se ressent vraiment dans ces villages. Celui qui incarne le mieux cette identité bien singulière, c’est évidemment le chat d’Iriomote, une espèce endémique extrêmement rare. Nous n’en avons pas vu (il n’en resterait qu’une centaine) mais le guide en a fait un petit running gag : le long des routes, vous apercevrez des bosquets, taillés de façon à ce que ça fasse un chat d’Iriomote. Au début, on ne les voit pas… Puis après, ça saute aux yeux.

Hôtels favoris à Okinawa

Rosewood Miyakojima

Le Rosewood, c’est selon nous le plus bel hôtel de l’archipel d’Okinawa. Très récent (il a environ un an), il illustre parfaitement le bon compromis que les voyageurs cherchent ici : être en bord de mer, bénéficier d’un haut niveau de confort et de service, profiter d’un cadre magnifique, sans tomber dans un grand resort trop massif.

Hoshinoya Taketomi

Nous adorons cette adresse parce qu’elle est unique. Hoshinoya, c’est une chaîne japonaise d’hôtels 5 étoiles, et celui de Taketomi tire vraiment son épingle du jeu car il se fond complètement dans le village traditionnel de l’île. Les chambres sont aménagées comme des maisons traditionnelles d’Okinawa, avec des murs en corail, des toits de tuiles rouges et des jardins privés.

La cerise sur le gâteau, c’est la piscine : elle est ouverte 24h/24 et, la nuit, elle est à peine éclairée. De jour, on la trouve immense, un peu étrange, avec cette forme ovale et même deux chaises posées dans l’eau. Et puis le soir, on comprend mieux puisque l’on flotte dans l’eau, sans personne autour, face au ciel étoilé, absolument spectaculaire.

Uza Terrace

Sur l’île principale, l’Uza Terrace (Relais & Châteaux) est une très bonne alternative si l’on choisit de rester sur la grande île. C’est l’une des références qui propose des chambres et villas superbes avec piscine privée, en bord de mer de Chine, et un très bon service ; c’est une belle option pour découvrir Okinawa sans quitter totalement un cadre hôtelier structuré. Le spa est top, la plage de Zanpa est à deux pas.

Informations pratiques pour un voyage à Okinawa

Est-ce que ça vaut le coup d’aller à Okinawa, « The Hawaii of Japan » ?

Oui, mais il faut savoir où l’on met les pieds. L’erreur classique, c’est de croire qu’Okinawa se résume à l’île principale. En réalité, dès que l’on s’éloigne un peu, on découvre des îles beaucoup plus sauvages et presque déconnectées. Ce qui surprend aussi, c’est la tranquillité : même quand il y a des hôtels, les plages restent souvent très calmes, sans beach clubs. Les Japonais ne viennent pas pour bronzer, mais pour marcher, observer, faire du snorkeling ou plonger, ce qui change complètement l’ambiance « tropiques » que l’on connaît.

Quels sont les plats incontournables à Okinawa ?

Difficile de passer à côté des incontournables : l’ananas d’abord, une spécialité d’Ishigaki, vraiment différent de celui dont on a l’habitude (plus sucré, moins acide), et le wagyu local, en particulier celui d’Ishigaki, qui fait partie des grandes spécialités. Côté boissons, l’awamori est l’alcool emblématique, souvent décliné en plusieurs saveurs, dont le shikuwasa, l’agrume local (encore différent du yuzu). S’il ne fallait sélectionner qu’un seul établissement, ce serait le restaurant gastronomique de l’Hoshinoya Taketomi, qui propose une cuisine de très haut niveau, avec une méthode presque « à la française », mais uniquement à partir d’ingrédients d’Okinawa.

Combien de jours faut-il pour visiter les îles d’Okinawa ? 3, 5, 10 ?

Trois jours, c’est vraiment le minimum, l’idéal se situe plutôt autour de 5 nuits sur une seule île pour vraiment profiter de l’ambiance. Pas la peine d’être trop gourmand en multipliant les îles, car à part Iriomote qui sort vraiment du lot avec sa jungle, les autres îles restent assez homogènes dans l’esprit. Okinawa, c’est pas fait pour courir, c’est fait pour se poser, c’est le slow tourism par excellence. Et nous conseillons toujours de placer Okinawa à la fin d’un voyage au Japon, ça fait contrepoids après avoir vadrouillé dans les grandes villes.

Quelle est la meilleure période pour aller à Okinawa ?

Nous y sommes allés les deux derniers étés, et c’est aussi pour ça que l’on insiste sur la mer : en été, l’eau est extrêmement chaude, ce qui rend la plongée et le snorkeling très agréables. C’est aussi la période idéale pour les activités nautiques, et où l’on peut faire certaines expériences comme les sorties nocturnes. Le printemps (fin mars à avril) et l’automne (octobre-novembre) sont également excellents, avec des températures très agréables et moins de monde.

Quelle est l’île paradisiaque d’Okinawa ?

La palme revient à Miyakojima, pour ses plages magnifiques, son ambiance plus zen, moins « ville », et surtout une belle offre côté hôtels, ce qui n’est pas toujours facile à Okinawa.

Visiter Okinawa : quelle île choisir pour un premier séjour ?

Pour un premier séjour, l’île principale n’est pas forcément la meilleure option. Et il est tout à fait possible de l’éviter sans rallonger le temps de voyage : il existe des vols directs depuis le Japon vers plusieurs îles, ce qui permet d’aller directement vers le sud ou vers Miyakojima sans forcément transiter par l’île principale.

Nous conseillons de choisir une seule île, comme Miyakojima. Ishigaki, dans les îles du sud, fonctionne aussi très bien, parfois même mieux, mais le choix d’hôtels peut être plus délicat, surtout si l’objectif est d’éviter les resorts.

Miyakojima

On l’a évoqué un peu plus haut mais Miyakojima vaut bien qu’on s’y attarde un peu, car elle remporte tous les suffrages, pour ses plages de sable blanc, vraiment comme de la farine (et non du corail pilé), et son eau cristalline. C’est un lieu incontournable, tranquille, avec d’excellents hôtels en bord de plage.

Mention spéciale pour la plage de Yonaha-Maehama, qui est absolument superbe, et s’étend sur 7 km, avec une eau qui passe du turquoise à l’émeraude. L’autre spot incontournable, c’est la plage de Sunayama, avec sa formation rocheuse naturelle en forme d’arche : c’est devenu l’icône de l’île. On peut facilement y passer des heures à se baigner et faire du snorkeling dans ses eaux cristallines…

Ishigaki & Taketomi

Ishigaki, c’est la grande île du sud, mais ça reste une île sauvage. Elle fonctionne très bien comme base, notamment pour rejoindre facilement Taketomi en une vingtaine de minutes de ferry, ou Iriomote en environ 1h. C’est aussi l’un des meilleurs secteurs pour la plongée sous-marine : on y observe les fameuses giant manta, et le snorkeling y est exceptionnel tant les fonds sont riches.

Taketomi est également superbe, encore dans un autre registre, toute petite et très authentique. C’est un vrai coup de cœur pour l’atmosphère. On peut parcourir le village et longer la mer en charrette tirée par un buffle d’eau, comme cela se faisait autrefois pour transporter les habitants et les marchandises.

 

Iromote

Iriomote, c’est l’opposé total, une recommandation plus « roots », plutôt pour des voyageurs qui connaissent déjà bien le Japon, parce que c’est une région extrêmement reculée. 90 % de l’île est recouverte de jungle tropicale épaisse, de forêts de mangroves avec une grande variété de plantes. C’est extrêmement sauvage, probablement l’environnement le plus préservé qu’il nous ait été donné de voir. Pour y accéder, 1h de ferry environ suffit depuis Ishigaki. C’est véritablement l’aventure à Okinawa.

Sur place, tout est très japonais, tout le monde ne parle pas forcément anglais, et surtout il n’y a pas de taxi ni de transport en commun. En revanche, si l’objectif est la nature sauvage, c’est vraiment unique. À savoir qu’il ne faut pas se balader seul dans la jungle ici, qui est trop dense, sans sentiers balisés ; faire appel à des guides locaux est indispensable.

Comment fonctionnent les transferts entre les îles ?

Cela dépend des zones. Depuis Ishigaki, on peut faire Taketomi en excursion d’une journée (20min de ferry). Iriomote se fait en environ une heure. Il y a aussi d’autres petites îles accessibles en 30 à 40 minutes. Depuis l’île principale, c’est un peu pareil : certaines îles se rejoignent en 20 minutes, d’autres en une ou deux heures.

Miyakojima fonctionne différemment : l’île est plus « autonome », on y reste plutôt sans aller faire des petites îles en ferry. À noter qu’il existe aussi des vols directs depuis Tokyo ou Osaka vers plusieurs îles (Ishigaki, Miyakojima), ce qui évite de passer par Naha.

Faut-il louer une voiture ?

Pas nécessairement, et pas sur toutes les îles. Taketomi, par exemple, ne le justifie pas : l’île est minuscule, tout se fait à pied, à vélo, ou avec les navettes. Iriomote est un cas à part : il n’y a pas de taxi, pas de transport en commun, donc c’est voiture ou excursions organisées. Sur les îles plus grandes (Ishigaki, Miyakojima, île principale hors Naha), tout dépend du séjour : sur trois nuits, il est possible de rester à l’hôtel et de prévoir une sortie en mer. Au delà, on se retrouve vite limité par les taxis, et surtout par l’attente…

Bonus : Et Okinawa en famille ?

Sur l’île principale, l’Aquarium Churaumi d’Okinawa, au cœur de l’Ocean Expo Park, reste un passage qui plaît beaucoup aux petits, toujours impressionnés face au grand bassin. À quelques minutes de route, les ruines du château de Nakijin, classées au Patrimoine mondial, offrent de belles vues sur l’océan ; on y découvre l’histoire du royaume de Ryukyu sans que la visite devienne trop scolaire et pesante. Plus au sud, l’American Village, avec ses façades flashy, ses cafés et ses petites boutiques, joue la carte « bord de mer » : on s’y balade tranquillement, puis on file à pied vers la Sunset Beach pour finir la journée dehors.

À Naha, Kokusai-dori concentre boutiques artisanales et de savoureux petits restaurants ; c’est le bon moment pour goûter le soba d’Okinawa : des nouilles épaisses et moelleuses dans un bouillon, souvent avec porc mijoté (soki) ou poitrine de porc, parfois une tranche de kamaboko, et ce gingembre rouge (beni shoga) qui relève bien le tout. Rien à voir avec le soba au sarrasin qu’on associe souvent au Japon, et encore différent des ramen. On peut aussi visiter au Mémorial de la paix, consacré à la Bataille d’Okinawa, qui aide à comprendre ce que l’archipel a traversé, avec des expositions qui prennent le temps d’expliquer. Et si l’envie est de prendre l’air, le Parc national de Yanbaru ou le Jardin botanique du Sud sont tout près.

Les conseillers OOVATU connaissent Okinawa dans ses moindres nuances. Une conviction les anime : l’archipel se découvre différemment selon chaque voyageur. Confiez-leur la création d’une parenthèse sur mesure, qu’il s’agisse de farniente sur des plages immaculées, de plongées dans des eaux turquoise, d’explorations de châteaux ryukyu ou d’expériences uniques.